Vous êtes déjà connecté au SSO, vous pouvez vous déconnecter en cliquant ici
Mot de passe oublié

L'observatoire de l'herbe "Un début de printemps qui prend son temps…"

Actualité20/04/2021Agriculture Biologique, Observatoire de l'herbe, PrairiesBovins lait, Bovins viande

Sur les 25 exploitations mesurées la semaine passée, la croissance moyenne était de 31 kg MS/ha/jour.

Une pousse deux fois moins importante par rapport à celle de l’année dernière à la même date, à cause de températures encore très faibles.

Si certains avaient réussi à fermer le silo de maïs à cette date le printemps dernier, il est difficile de ne pas affourager cette année pour ne pas pénaliser la pousse de l’herbe. En effet, il est important de veiller à ne pas surpâturer en dessous de 4-5 cm pour préserver l’activité photosynthétique et pour ne pas attaquer la gaine de la plante où se trouvent les réserves. Cela pourrait retarder la pousse d’herbe du cycle suivant.

Mais pas de panique, pour la semaine qui arrive, la fraîcheur devrait laisser place à la douceur, ce qui ne sera pas sans déplaire aux prairies !

 

Témoignage de Bertrand Cailly, lycée agricole de Brémontier-Merval (76) – 85 vaches

Nous avons sorti les vaches le 18 février dernier car nos stocks étaient assez bas. Elles sont restées avec une demi-ration à l'auge (enrubannage) jusqu'au 20 mars, date à laquelle nous sommes passés 100 % herbe pâturée sans aucune complémentation depuis. Notre stratégie a été de garder un maximum de la surface pour les vaches pour qu’elles bénéficient du meilleur fourrage : l'herbe pâturée. Face à la pousse ralentie, nous avons sorti les génisses de 3-15 mois à la mi-mars et nous avons gardé nos lots de génisses > 15 mois et nos vaches taries avec du foin moyen. Lorsque nous nous sommes aperçus que nous ne ferions pas d'accélération à contretemps avec les vaches laitières, nous avons sorti les génisses > 15 mois début avril. Depuis, nous avons eu une semaine avec des températures estivales puis à nouveau une pousse freinée par des températures négatives les nuits. Nous terminons le premier tour en ce moment et avons assez de stock sur pied pour une vingtaine de jours. Les températures annoncées pour les prochains jours devraient contribuer à accélérer la pousse afin d'envisager le débrayage de certains paddocks pour les fauches précoces. A l'heure actuelle, nous ne sommes pas "tendus", mais impatients de retrouver une pousse de saison.

Pour ne pas accélérer à contretemps, nous avons pâturé nos vergers basses-tiges avec les vaches laitières afin de gagner quelques jours précieux à cette période ou d'attendre la portance sur certains paddocks. En décembre, nous avons investi dans 500 m de chemin en macadam sur l'artère principale qui est en pente. Nous avions auparavant des soucis de ravinement sur ce tronçon. Aujourd'hui, les vaches se déplacent avec une meilleure aisance. Nous avons également ajouté quelques points d'eau, ce qui nous amène à 1 point d'eau/1,7 ha, cela nous permet de cloisonner à loisir et améliore le bien-être animal. En effet, nous ne pilotons pas en fonction d'un temps de retour fixe, mais davantage en fonction d'un stock d'herbe utile à l'entrée dans un paddock et du nombre de jours d'avance afin de ne pas accélérer à contretemps et ne plus avoir d'herbe. De même, en préservant des jours d'avance réels, nous gardons le meilleur compromis entre herbe pâturée et herbe à récolter pour gérer la pâture avant de raisonner "stocks".

Bonne saison de pâturage ! L'équipe de Merval.

 

Mathilde NOËL,

Chambre  régionale d’agriculture de Normandie

Contactez l'auteur

Certifications :