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Les poux des bovins

Actualité16/11/2020

L’hiver est propice au développement de certains parasites « d’intérieur » dont les poux. Ces derniers ont un impact sanitaire et zootechnique. La maitrise de leur infestation nécessite leur identification précise.

Différents poux chez les bovins

Les poux sont des parasites très fréquents chez les bovins : 90 % des élevages français sont concernés par ces insectes parasites, visibles à l’œil nu ainsi que leurs œufs, appelés lentes. Les adultes vivent environ 1 mois.

 

Chez les bovins, on distingue :

- trois poux piqueurs, de couleur foncée, peu mobiles (car fixés à la peau) et se nourrissant de sang ;

- et un pou broyeur (Damalinia bovis), de couleur beige, très mobile et se nourrissant de débris de peau.

Les infestations mixtes sont fréquentes. Ces particularités alimentaires engendreront des traitements différents (voir ci-dessous). Les poux des bovins sont spécifiques : aucun passage à l’Homme !

 

Infestation plutôt hivernale

Quelques poux peuvent persister à bas bruit sur des animaux porteurs durant le pâturage. Puisque la contamination se fait par contact direct entre les animaux, certaines conditions favorables hivernales permettent une « explosion » de leur population lors de la rentrée en bâtiment : l’humidité de l’air, la chaleur, la promiscuité des animaux, voire la surpopulation, le manque de lumière, un pelage hivernal plus long et épais, des fourrages conservés plus « carencés » notamment en oligo-éléments et vitamines.

 

Impact zootechnique etsanitaire

Les symptômes sont assez évidents : prurit (démangeaisons), grattage, léchage, lésions cutanées avec pertes de poils, écorchures et automutilations dans des zones de peau très parasitées : fanon, tête, cou, garrot, dos et croupe.

 

Les démangeaisons et l’inconfort sont les principales causes d’une baisse d’appétit et ainsi d’une baisse de production laitière ou de croissance.

 

Les lésions cutanées peuvent se surinfecter. De l’anémie peut être constatée avec les poux piqueurs. Un léchage trop important peut engendrer une grande ingestion de poils et la formation des pelotes de poils, appelées trichobézoards, qui perturbent le fonctionnement des réservoirs digestifs et provoquent des ballonnements chroniques.

 

Gestion de l’infestation

Il est impératif d’identifier l'espèce de poux présente avant de gérer l’infestation, par prélèvement de poils et observation au microscope. Le choix de la « forme » de traitement diffère en fonction du régime alimentaire (pou broyeur/pou piqueur). Les poux broyeurs sont en effet peu sensibles aux endectocides injectables.

 

La gestion de l’infestation fait essentiellement appel soit à des insecticides par pulvérisation (ou dépôt sur la ligne du dos) soit à des endectocides « pour-on ». Ces produits sont soumis à la prescription, après diagnostic, de votre vétérinaire traitant. Il est impératif d'utiliser ces produits selon les recommandations de votre vétérinaire afin d’optimiser leur efficacité et d’éviter la création de résistances : respect des posologies, fréquences d’application, délais d’attente lait et viande, biosécurité de la personne réalisant l’application, etc.

 

Certaines spécialités commerciales à base d’insecticides naturels (géraniol ou pyrèthre) ou d’huiles essentielles répulsives sont aussi disponibles.

 

Les clés du succès :

- si besoin, intervenir tôt dès l’entrée en bâtiment pour juguler l’explosion de la population de poux. 

- traiter tout le lot d’animaux infestés.

- tout animal introduit dans le cheptel peut être potentiellement infesté et doit être surveillé ou préventivement déparasité.

 

Parasites obligatoires, les poux ne résistent pas longtemps dans l’environnement (2 à 3 jours). Il est donc inutile de traiter les bâtiments d’élevage ou l’environnement.

 

Jean Michel CUMINET

Vétérinaire Conseil – Littoral Normand

 

 

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