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Tirer les enseignements de l’année fourragère 2020

Actualité02/11/2020

Dans beaucoup d’exploitations, le manque d’eau sur juin-juillet-août 2020 a fortement pénalisé les rendements fourragers, notamment en herbe. Dans certaines exploitations les rendements des cultures fourragères (maïs notamment) sont aussi fortement affectés. Malgré des récoltes en herbe au printemps correctes en quantité mais surtout en qualité, les stocks fourragers sont souvent déficitaires en raison de distributions importantes cet été.

À court terme, pour y faire face, il faut choisir entre deux solutions : acheter des fourrages et/ou concentrés ou vendre des animaux. D’un point de vue économique le choix entre ces deux solutions dépend du coût de rationnement des animaux avec les fourrages achetés en regard de leur production laitière. La présence d’animaux de renouvellement pour remplacer les animaux vendus lors de la prochaine saison fourragère est aussi à considérer. Le tableau cidessous indique le coût journalier de 3 exemples de ration basée sur des fourrages achetés et la production nécessaire de lait, payé en agriculture biologique, pour y faire face. Si le niveau de production prévu des animaux sur l’hiver est supérieur à 9 – 10 litres, il parait préférable de rechercher des fourrages et concentrés à acheter plutôt que de réduire le cheptel.

 

Coût journalier de différents types de ration basés sur des achats de fourrages (exemples)

 

 

À moyen terme, il convient de se poser les bonnes questions. Est-ce que le déficit fourrager est juste conjoncturel (il s’est produit uniquement cette année) ou est-ce qu’il est structurel (il se reproduit plusieurs fois dans les 5 dernières campagnes) ? Dans le deuxième cas, il convient d’en rechercher les causes et d’y remédier. Il faut regarder la productivité des prairies. Est-ce qu’elle diminue en raison d’une dégradation de la flore (multiplication des plantes à rosettes à cause du surpâturage estival) ? Dans ce cas le resemis de ces prairies avec une flore plus adaptée aux périodes chaudes et sèches peut être une solution. La fertilité et la vie des sols doivent aussi être regardées. Plusieurs années sans apports organiques et minéraux suffisants voire déséquilibrés (pH trop bas ou manque de disponibilité du Phosphore ou de la Potasse) peuvent pénaliser la production de l’ensemble des cultures fourragères. Des apports doivent alors être envisagés. Enfin si les conditions climatiques sont les principales causes du manque répété de fourrages, le système fourrager doit être revu. La place des cultures fourragères de printemps et le chargement doivent être remis en cause. S’il y a des cultures de ventes, elles peuvent être remplacées par des cultures fourragères, sinon il faut se contraindre à réduire le nombre d’UGB sur l’exploitation (nombre et âge au vêlage des génisses et nombre de vaches).

 


Etienne Doligez – Référent technique Agriculture Bio
Littoral Normand

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