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[Témoignage] Quand le robot de traite s’adapte à la pâture

Témoignage29/03/2021

A l’EARL Giard, on a la culture de l’herbe de Père en Fille. L’arrivée d’un robot de traite en 2012 n’a pas fait varier la ligne de conduite : cultiver de l’herbe. Aucun hectare de maïs n’a été cultivé sur l’exploitation depuis 40 ans.

Comment avez-vous intégré votre robot dans un système pâturant ?

Nous ne voulions pas modifier notre système avec l’arrivée du robot. Nos vaches pâturaient sur 33 ha de PN avec une route traversant notre ilot de prairies, juste derrière la stabulation des VL. Notre première motivation n’était pas d’avoir un robot mais de cultiver de l’herbe et de nous libérer du temps.

L’hiver, nous alimentons les 60-65 VL avec une ration mélangée à base d’ensilage d’herbe, foin, paille, marc de pommes et du maïs grain cassé que nous achetons. Au robot nous donnons un correcteur azoté tanné et un aliment de production. Le troupeau est alors à 33-34L pour 3 traites environ. Au printemps/été, nous distribuons 1/3 de ration d’enrubannage et la pâture fait le reste.

Le robot ne doit pas nous amener à changer nos pratiques. Nos terres ne sont pas labourables et nous récoltons 30 ha de pommiers hautes tiges que nous faisons pâturer en partie par les vaches. Les VL produisent entre 29 et 30L pour 2,2 traites environ. Le coût alimentaire passe à 56 €/1 000L actuellement.

 

 

Carte de visite de l’exploitation

128 ha de SAU (dont 30 ha de pommiers hautes- tiges)

100% de prairies naturelles

550 000L de lait produits/ 8 200L/VL

Vêlages de septembre à décembre

70 VL à traire au printemps à 29 kg/VL- 45 ares pâturés/VL

 

De quelle manière arrivez-vous à concilier robot et pâturage ?

Notre robot est proche de sa saturation. Nous vêlons les vaches de septembre à décembre pour en avoir 70-73 à traire lors de la saison de pâturage. Pour réussir à pâturer le maximum d’herbe, nous gérons le troupeau en 2 lots de vaches qui ne sont pas fixes. A 9h, toutes les VL sont attachées au cornadis pour raboter. De là je constitue un lot avec toutes les VL qui ont été traites entre 2h00 et 9h00 du matin. Je leur fais alors traverser la route. Cela représente environ 40VL. A 14h00, je vais leur ouvrir les barrières et elles reviennent toutes sous le bâtiment pour se traire d’elles-mêmes. Pendant ce temps, de 9h00 à 14h00, le reste du troupeau est dans les pâtures qui jouxtent le robot. La nuit, nous gardons tout le troupeau dans une parcelle de nuit de 6 ha avec l’accès au robot.

Et la conduite de vos prairies ?

Nous respectons au maximum nos prairies. Nous ne faisons jamais de resemis ou de sursemis. Si les conditions de portance ne sont pas au rendez-vous, nous ne sortons pas les vaches. Si les saisons deviennent trop humides, nous n’hésitons pas à stopper le pâturage quelques jours.

A l’automne, nous épandons nos composts de fumier et l’hiver, aucun bovin n’est dans les champs. Ainsi, nous n’avons pratiquement pas recours aux hersages de printemps.

Quant à la conduite du pâturage en tant que telle, nous conduisons les vaches au fil avant. Une offre d’herbe fraiche est renouvelée tous les jours. Les vaches le savent bien… Dans le même temps, nous débrayons des parcelles pour constituer nos stocks d’ensilage au printemps. En cours d’été, nous faisons un passage de broyage de refus.

 

L’éloignement de certaines parcelles n’est pas un frein ?

En moyenne, les vaches parcourent entre 300 et 500 m. Les parcelles les plus éloignées sont à 700 m. L’eau est donc présente dans toutes les prairies, y compris au pied de la stabulation. Nous avons aussi un chemin empierré pour permettre l’accès facile aux pâtures éloignées. Pour l’instant, nous n’avons pas besoin d’aller chercher les vaches en pâture. Elles reviennent d’elles-mêmes pour la distribution d’enrubannage appétant et de complémentation à l’auge.

 

 

 

Propos recueillis par Stanislas DESVOIS

Référent expert Robot de Traite

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