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Logement collectif des veaux de plus de 4 semaines : clés de réussite !

Actualité08/11/2021Bâtiment, GénissesBovins lait

Les troubles respiratoires des jeunes bovins sont engendrés par trois grands facteurs de risque : une augmentation individuelle de la sensibilité de l’individu notamment par des stress à l’origine d’une baisse de l’immunité ; la présence de certains agresseurs redoutables à tropisme pulmonaire (les plus connus sont les virus RSV et PI3, ou encore les bactéries pasteurelles ; ces agents infectieux pouvant être contrôlés par la vaccination) ; mais surtout une ambiance « défaillante» de la nurserie générée notamment par une ventilation non optimale, 1er facteur de risque des troubles pulmonaires.

Premier point de vigilance : une conduite zootechnique irréprochable pour limiter le stress et l’inconfort

Le paillage doit être quotidien et le curage toutes les 3-4 semaines. La désinfection s’impose entre chaque lot afin de détruire le microbisme accumulé du lot précédent. Il ne faut pas mélanger les classes d’âge, faire des lots homogènes et respecter une densité animale optimale : 5 à 10 génisses par lot. Tondre la ligne du dos des veaux après 6 semaines d’âge permet de diminuer de 10 à 15 % les risques de troubles respiratoires.

Le sevrage se fera par paliers et sans stress supplémentaire (changement d’aliment, de bâtiment, manipulations, etc.) au risque de diminuer l’immunité. Les mesures de biosécurité sont toujours de mise : isolement des malades, quarantaine des veaux introduits, limitation des intervenants…

 

Principales solutions de logement collectif : igloos extérieurs ou cases collectives en bâtiment

  • Igloos extérieurs

Ils seront orientés au sud-est de façon à éviter au maximum les pluies et vents arrivant de l'ouest ainsi que les vents froids du nord-est. Il faut 1,5 m² d’aire paillée par veau ; plus une aire d’exercice (1,8 m² par veau), idéalement couverte, afin de protéger le paillé et la table d’alimentation de l'humidité, et d’apporter du confort à l’éleveur lors d’intempéries. Ces igloos peuvent accueillir entre 7 et 10 veaux au maximum selon leur âge. Bien orienté, ce logement semi plein air limite les troubles respiratoires (de l’air renouvelé sans courants d’air !).

  • Cases collectives en nurserie

L’aire paillée doit être de 2 à 3 m² par veau en fonction de l’âge des veaux et de l’existence, ou pas, d’une marche bétonnée. Les lots seront composés de 10 veaux au maximum. Afin de limiter les pathologies pulmonaires, ce type de logement nécessite une maitrise de la ventilation et de l’ambiance.

Source « bâtiments pour veaux d’élevage » Chambres d’agricultures de Bretagne, des Pays de Loire, et de Normandie

Des recommandations d’ambiance et de ventilation à respecter dans une nurserie 

Une ligne de conduite : un volume adapté au nombre d’animaux, l’assurance d’un confort thermique avec un renouvellement de l’air sans courants d’air.     

  • Le volume d’air optimal pour des génisses entre 3 à 6 mois d’âge se situe entre 15 et 18 m³ / génisse. Les bâtiments trop grands, pour pouvoir y rentrer avec le tracteur, ne permettent pas la maitrise de ce volume. Le réchauffement de l’air par les animaux présents sera insuffisant d’où un inconfort thermique.
  • Une certaine neutralité thermique doit être recherchée notamment en limitant l’écart de température entre le jour et la nuit à 10°C. Pour cela, il faut utiliser des matériaux moins froids pour les murs (briques plutôt que parpaings, bois, etc.), isoler sous le toit, voire isoler les murs par l’extérieur, faire attention aux retombées d’air froid, utiliser la luminosité en façade et le rayonnement du soleil qui réchauffe. Au besoin, des zones de confort thermique (faux plafonds amovibles) peuvent être créées pour les cases des jeunes animaux plus sensibles.
  • L’air doit se renouveler. Surtout ne condamnez pas les entrées et sorties d’air par peur du froid ! Le confinement et l’accumulation de vapeur d’eau par défaut de renouvellement d’air seraient contre-productifs et « catalyseurs » de troubles respiratoires. Les entrées d’air se font généralement par du bardage bois, des tôles ajourées, des filets brise-vent… Les sorties, quant à elles, se font par faitière, toiture écaille ou cheminée. La réalisation d’un fumigène est essentielle pour appréhender l’efficacité des flux d’air.
  • En revanche, il faut abolir les courants d’air. En hiver, la vitesse du vent dans l’environnement proche des génisses ne doit pas dépasser 0,25 m/seconde. Les entrées d’air seront donc protégées par différents dispositifs brise-vent.

Si la ventilation naturelle ne permet pas d’atteindre ces objectifs, une ventilation dynamique en dépression ou surpression doit être envisagée.

 

En cas de soucis, pensez à faire réaliser un diagnostic d’ambiance de la nurserie. L’argent « englouti » dans les traitements et la vaccination aurait souvent plus d’effet s’il était investi dans un aménagement de la ventilation du bâtiment.

 

Jean-Michel CUMINET

Vétérinaire Conseil - Référent Génisses

Littoral Normand

Pour aller plus loin dans l'élevage des veaux : https://cutt.ly/BRvMEAm

 

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