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Les enjeux de la lutte contre les mouches en élevage

Actualité14/05/2020

Avec les premières chaleurs du printemps, les « mouches » (toutes espèces confondues) réapparaissent en grand nombre et génèrent des nuisances et des risques sanitaires. Il convient de limiter leur nombre. C’est un enjeu sanitaire, économique et garant du bien-être animal.

Les mouches prolifèrent très rapidement

 

Différents types de mouches existent en élevage. Les plus fréquentes sont :

- la mouche domestique (Musca domestica) et la mouche d'automne (Musca autumnalis) : ce sont des mouches suceuses qui se nourrissent de déchets et matières organiques en décomposition.

- la mouche de la tête (Hydrotea irritans) ou encore d’autres espèces piqueuses comme le stomoxe (Stomoxys calcitrans) qui sont des mouches piqueuses-suceuses qui se nourrissent de sang et peuvent être très agressives notamment par temps orageux.

La mouche domestique (Musca domestica) est généralement l’espèce dominante.

 

Ces insectes sont très prolifiques. Par exemple, la mouche domestique dont la durée totale de vie est de 2 à 3 semaines, peut pondre au stade adulte entre 600 et 1 000 œufs. La durée de développement de l’œuf en larve, puis en adulte, dépend de la température et de l’humidité : elle est de l’ordre de 12 jours à 25-30 °C. Ce qui est très court ! En fait, plus la température s’élève, plus les mouches se multiplient rapidement. Dans le détail, l’œuf devient larve en seulement 8 heures à 37 °C (humidité entre 40 à 70 %) ; la larve devient pupe (ou chrysalide) en 6 jours ; la pupe devient adulte en 4 jours : soit un cycle complet (environ 12 jours). Et à chaque « tour » de cycle, la population est donc multipliée par mille, puisqu’un adulte pond 1 000 œufs. Les premières mouches sortent d'hibernation au printemps (avril). Chacune engendre potentiellement 1 000 mouches chacune en 10 jours qui elles-mêmes engendreront 1 million de mouches en 10 jours (1 milliard 12 jours plus tard !).

 

L’évolution de la population est ainsi exponentielle. Pour cette raison, la gestion des premières générations de mouches au printemps est capitale. 90% des mouches présentes dans un élevage proviennent de ce même élevage même si par ailleurs les mouches sont capables de se disperser en volant à des distances jusqu’à 8 km de leur lieu de naissance.

 

Les enjeux de la lutte contre les mouches

 

Les mouches sont tout d’abord sources de nuisances pour les bovins : agacement, stress, nervosité, perturbation de la prise alimentaire et du repos, piqûres, mise à mal du bien-être animal. Ces aspects génèrent également des nuisances pour l’éleveur : perte de temps lors des manipulations des animaux, notamment en salle de traite, avec un risque de décrochage des faisceaux trayeurs, d’accident et de détérioration du matériel.

 

La gêne sur les animaux conduit à une baisse de production de lait ou de viande (baisse de GMQ) : aspect qui n’est pas forcément appréhendable au premier abord. La diminution peut atteindre 20 % des productions normalement attendues.

 

Ensuite, les mouches peuvent véhiculer des maladies et représenter un risque sanitaire. Les mouches piqueuses occasionnent une piqûre douloureuse, une spoliation desang (anémie) et véhiculent des bactéries (staphylocoques, streptocoques…), virus ou parasites (kystes de protozoaires et helminthes). Les mouches lécheuses propagent de nombreuses bactéries (salmonelles, colibacilles, etc.) et occasionnent notamment la kérato-conjonctivite infectieuse à Moraxella bovis (bactérie) aboutissant à un ulcère de cornée et à une perte possible de l’œil, la mammite « d’été » qui condamne souvent le quartier, des myases cutanées ou cavitaires (anus, vagin, ombilic…), des avortements infectieux.

 

Pour le bien-être du troupeau, la lutte contre les mouches en élevage doit donc être raisonnée. Elle sera abordée dans les prochains articles.

 

Jean Michel CUMINET

Vétérinaire Conseil Littoral Normand

 

En complément : www.eleveurs-de-demain.com/actualites/detail-actualites/comment-gerer-les-mouches-au-printemps.html

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