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Eviter le sur-pâturage estival très néfaste à la pérennité des prairies

Actualité23/07/2020

En ce début de juillet 2020, la pousse de l’herbe est très fortement ralentie voire arrêtée dans certaines zones de la région, avec plus de 15 jours d’avance sur une année « moyenne ».

Les parcelles avec du stock sur pied consommable (plus d’1 tonne de matière sèche) et un temps de repousse important (plus de 30 jours) méritent d’être pâturées prochainement avant que cette herbe ne se dessèche totalement sous l’effet du manque d’eau et des fortes chaleurs.

 

En revanche, les parcelles avec très peu d’herbe (moins d’1/2 tMS/ha), soit parce qu’elles ont eu peu d’eau depuis la fauche ou le dernier pâturage, soit parce que le temps de retour depuis la dernière exploitation est trop court (moins de 20 jours), doivent être « épargnées » par les animaux.  Dans ces parcelles, les plantes et le ray grass anglais en particulier, ont mobilisé leurs réserves depuis le dernier pâturage (ou la précédente fauche) pour refaire une feuille. Elles sont donc très fragiles, surtout en conditions chaudes avec un sol sec. Les graminées les plus sensibles comme le ray grass anglais peuvent ainsi disparaitre en cours d’été si les animaux pâturent ou stagnent longtemps sur ces parcelles avec très peu d’herbe.

 

On parle alors de SURPATURAGE. Le déplacement des animaux à la recherche du moindre brin d’herbe sera très préjudiciable aux bonnes espèces fourragères. Les vaches vont arracher une partie des talles de graminées par leur pâturage ras et leurs sabots par leurs nombreux déplacements à la recherche des brins d’herbe.

D’autres espèces beaucoup moins productives comme la porcelle enracinée ou la paquerette vont rapidement prendre la place de façon irrémédiable (cf. photo ci-dessous) car ce sont des plantes à rosettes que les vaches pâturent difficilement.

 

 

 

Afin de ne pas être obligé de renouveler des jeunes prairies non prévues dans la rotation en 2021, il convient d’éviter à tout prix un surpâturage d’été sur ces parcelles fragiles.

 

Si les conditions météorologiques peu propices à la pousse de l’herbe perdurent cet été, un grand nombre de parcelles du circuit de pâturage peuvent devenir sensibles. Afin d’éviter le surpâturage de toutes les parcelles qui risquerait de dégrader la flore mais aussi de pénaliser la repousse lorsque les premières pluies arriveront, il est préférable soit de maintenir les vaches dans une parcelle parking qui sera dégradée pour préserver les autres, soit de laisser les vaches au bâtiment plus longtemps (récolte des effluents, limitation de la pollution, …) à condition que le bâtiment soit suffisamment ventilé en été, disposer de litière et de maintenir un accès à l’extérieur aux animaux.

 

Didier Désarménien – Conseiller Bio - Seenovia
Etienne Doligez- Conseiller Agriculture Bio - Littoral Normand

 

Revue Bio Seenergi N°10 – juillet 2020

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