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Conditions pour un sevrage réussi

Actualité31/07/2020

Le sevrage est une étape clef de l’élevage des génisses qui doit se préparer très en amont. Pour être réussi, le sevrage doit être fait au bon moment, ni trop tôt pour garantir une bonne croissance, ni trop tard pour éviter des coûts alimentaires trop importants, la phase lactée étant la plus chère. Il doit aussi se faire « tout en douceur ».

Un sevrage réussi doit être préparé

Le sevrage est le moment où la génisse va passer d’une alimentation lactée/solide à une alimentation exclusivement solide ; c’est-à-dire un passage du statut de pré-ruminant au statut de ruminant. C’est une étape de changement physiologique : l’objectif du sevrage est d’obtenir un veau qui couvre ses besoins nutritionnels grâce à la rumination, alors qu’à la naissance il ne boit que du lait.

Le sevrage peut s’envisager lorsque le veau :

  • ingère au minimum 2 kg de concentré, quantité nécessaire pour remplacer les 8 litres de lait entier quotidien ou le kilogramme de poudre de lait qui garantissent un GMQ de 900 g/jour (2 kg de concentré = 1 kg de MS lait = 8 litres de lait).

Si un veau ne consomme pas cette quantité de concentré, il ne faut pas hésiter à l’allaiter une semaine de plus, jusqu’à atteindre ce niveau d’ingestion.

  • et a doublé son poids de naissance : poids de 80 à 100 kg de poids vif (repère tour de poitrine : 100cm).

L’âge au sevrage se situe généralement entre 8 et 12 semaines en élevage conventionnel (après 3 mois en élevage biologique). Ce moment est délicat et on doit être vigilant pour le réussir et ne pas pénaliser la croissance post-sevrage.

Le sevrage doit être progressif et se préparer au minimum 15 jours avant l’arrêt du lait. La structuration du plan d’allaitement aura un impact primordial pour la préparation du sevrage. On privilégiera une phase descendante du plan d’allaitement en deux paliers successifs minimum, plutôt qu’une diminution progressive (Graphique). Ces paliers ont pour but de favoriser la consommation de concentré. Lors du premier palier, 15 jours avant le sevrage, la quantité de lait quotidienne est divisée par deux (par exemple, passage de 8 litres à 4 litres). Lors du deuxième palier, 1 semaine avant le sevrage, la quantité de lait quotidienne est encore divisée par deux (passage de 4 litres à 2 litres).

Graphique - Exemple de plan lacté avec la phase descendante en 2 paliers

 

L’objectif étant de faire une bonne transition entre la phase lactée et solide pour ne pas freiner la croissance. En effet, un arrêt trop brutal du lait sur un veau non habitué à consommer suffisamment de concentré, occasionnera un « décrochage » de croissance préjudiciable et une prédisposition du veau aux pathologies. Même durant le sevrage, un veau doit continuer d’avoir un gain de poids approximativement d’1 kg par jour. Le concentré doit être appétent et renouvelé deux fois par jour (composition : 1 UFL et 120 PDI/kg). Du fourrage doit être accessible en permanence et renouvelé quotidiennement (paille ou foin grossier). De l’eau doit être constamment à disposition, élément indispensable au brassage et aux fermentations dans le rumen.

 

C’est déjà sur cette phase 0 -2 mois que l’on prépare la future lactation de la primipare. En effet selon plusieurs études (Soberon et Van Amburgh 2014), 100 g de GMQ pris en plus sur cette période avant sevrage impactera favorablement la 1ère lactation de 155 kg de lait supplémentaires.

 

Attention à ne pas multiplier les stress

Le sevrage est à lui seul un très grand stress pour le veau. Il faut donc veiller à ne pas multiplier les stress lors de la semaine du sevrage :

  • Tout « changement » doit être décalé à plus tard : changement de bâtiment, changement de concentré ou de fourrage, changement de lot et de hiérarchie sociale.
  • Tout acte zootechnique doit être repoussé d’au moins une semaine : écornage (qui doit idéalement avoir lieu avant 4 semaines de vie), tonte, vaccination, vermifuge, etc.
  • Si le veau est malade, on attend qu’il soit guéri pour le sevrer.

Une conséquence « classique » de la multiplication des stress est le déclanchement d’une crise de coccidiose qui ralentira la croissance du veau, voire impactera sa santé.

 

Anticipation, critères objectifs et transition en douceur : les maitres mots du sevrage !

 

Florence JAMIER

Conseillère spécialisée Génisse – Littoral Normand

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