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Avant / Après

Actualité01/03/2022

À la suite de leur conversion en Agriculture Biologique, les performances des élevages laitiers évoluent. Certaines de ces évolutions sont volontaires de la part des éleveurs, d’autres sont subies. L’observation de ces évolutions permet de proposer des repères pouvant étayer les hypothèses qui seront prises lors des études de conversion.

Quelles sont les évolutions techniques des performances des troupeaux laitiers suite à leur conversion en Agriculture Biologique ?

Chaque exploitation suit sa propre trajectoire lors de sa conversion. Avant la conversion les éleveurs ont pu, plus ou moins, commencer une transition progressive vers le bio. Après la conversion, de multiples options techniques s’offrent pour raisonner l’équilibre du système (niveau d’intensification, part des cultures fourragères, degré d’autonomie alimentaire). D’autres projets peuvent accompagner cette conversion comme l’ajout d’un nouvel atelier (transformation) ou l’arrêt d’un autre (élevage viande). L’observation de l’évolution des performances des troupeaux laitiers suite à leur conversion en Agriculture Biologique ne constitue donc pas une règle qui s’imposerait aux éleveurs qui souhaiteraient se convertir mais plutôt des repères sur les évolutions à attendre afin d’alimenter l’étude de conversion.

Observation des performances de 31 exploitations

31 fermes dont la conversion s’est déroulée entre 2011 et 2017 ont été observées. Les résultats présentés sont issus de la comparaison des performances techniques entre les deux années précédant la conversion et les deux années après cette conversion.

Moins de lait par vache, une qualité préservée et une longévité en progression

L’évolution des résultats techniques montre certaines tendances :

  • Une augmentation de l’effectif des vaches laitières qui est significative, équivalente à celle constatée dans les exploitations adhérentes à Littoral Normand.
  • Une diminution de la quantité totale de lait produit en raison d’une baisse du niveau de production par vache (-22% en moyenne). Cependant, cette situation est contrastée :
    4 éleveurs ont eu une augmentation de leur niveau de production suite à la conversion. Les autres ont constaté une baisse. A quelques exceptions près, cette baisse est d’autant plus importante que le niveau de départ était élevé.
  • Une baisse des taux protéiques et butyreux sans doute liée à l’évolution de la ration de base et à un moindre recours aux concentrés.
  • Des niveaux cellulaires stables. Cette comparaison n’est pas affectée par le changement du référentiel des laboratoires.
  • Le maintien des performances de guérison et nouvelles infections malgré un moindre recours aux antibiotiques lors des tarissements.
  • L’absence de modification de la durée des lactations.
  • Une tendance à l’allongement de la longévité des vaches (augmentation du nombre moyen de lactation et baisse du taux de réforme), mais la période d’observation (2 ans avant et 2 ans après la période de conversion) est trop courte pour que ces différences puissent être significatives.

Cette étude donne de premières indications sur les évolutions de performances attendues à la suite d’une conversion. Elle mériterait d’être prolongée afin de mieux identifier le lien entre performances et pratiques d’alimentation, les évolutions de l’assolement et les résultats économiques et de suivre ces évolutions sur le long terme.

 

Etienne DOLIGEZ

Directeur Technique Adjoint – Littoral Normand

D’après un travail réalisé par Léa PENLOU, stagiaire BTS PA St-Lô Thère

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